Un ronronnement se fit entendre dans le poste de contrôle du centre. Argoli interpella le professeur :
« Professeur ! Goldorak vient de se mettre en route, il prépare une sortie »
Procyon : Quoi !
Puis Procyon alluma l'écran de surveillance et Actarus apparut sur celui-ci.
Procyon : C'est toi Actarus ! Que fait tu ?
Actarus : Oui Père, c'est moi, n'ai crainte, je sors simplement faire un tour.
Procyon : Un tour ?
Actarus : Oui ! J'ai besoin de réfléchir et de mettre de l'ordre dans mes idées. Et puis c'est bête de dire cela, mais les sorties avec Goldorak commence à me manquer.
Procyon : Bon... D'accord ! Mais..., tu reviens hein... ? Tu ne partirais pas ainsi mon fils ? Tu ne partirais pas comme ça sans rien dire ?
Actarus : Bien sûr que je reviens père, jamais je ne partirais de la sorte voyons.
Procyon : Excuse moi Actarus mais un instant j'ai eu peur !
Actarus : Je comprends... Mais n'ai crainte... A toute à l'heure !
Procyon : A toute à l'heure ! Décollage accordé !
Puis la voix d'Actarus résonna dans les hauts parleurs comme tant de fois par le passé.
« Goldorak go »
C'est avec une dextérité hors du commun qu'Actarus pilotais Goldorak. Celui-ci survolait de seulement quelques mètres la rivière qui menait au pied du centre. Puis d'un seul coup il s'éleva à la verticale pour disparaître au travers des nuages...
Au bout de quelques minutes Goldorak se retrouva pratiquement dans l'espace.
Actarus se dit :
« Il serait si simple de partir... Plus de questions... Plus de tourment...NON ! Je n'en ai pas le droit, si je faisait cela j'en ferais mourir mon père de chagrin... Et Phénicia, jamais elle ne me le pardonnerait, quand à Vénusia, la pauvre ne comprendrait pas non plus mon comportement.... Et je sais que je ne pourrais plus jamais me regarder en face.... Mais que faire ? Mon dieu... Que dois-je faire ? »
Instinctivement, Goldorak fit demi tour en effectuant un long virage à 180° Et redescendit vers cette belle planète bleue qu'il avait si vaillamment défendue de ces oppresseurs durant toutes ces années.
Actarus pilotait Goldorak dans aucunes idées de sa destination, tant de fois par le passé il avait dû filer à toutes vitesse sur les lieux de combat... Tant de fois il avait du rejoindre les coordonnées que le centre lui indiquait... Là, tout était différent ! Il n'avait pas repris Goldorak depuis la défaite du grand stratéguerre. Actarus avait tant souffert de devoir repiloter Goldorak... Cette machine de mort qui avait infligé tant de souffrance à son peuple !
Cette machine du diable qui lui rappelé tant de souvenirs, tous plus atroce les uns que les autres. La mort de ces parents, l'extermination de sa planète, sa fuite pour la survie. Certes oui, Goldorak lui avait permis de s'enfuir et d'échapper aux forces de Véga... Pour quelques temps seulement. Il se souvint avec un sourire amer la première fois qu'il avait dû repiloter Goldorak pour défendre cette inconscient d'Alcor qui était tombé dans un des pièges d'Hydargos... Il se remémora toute la douleur, la haine qui l'avait submergé, il ne voulait pas repiloter cette machine qui causait tant de destructions. Puis, comme une évidence, Goldorak devait servir pour défendre cette Terre qui l'avait accueilli, et que cette machine de mort que ces monstres avaient fabriqués, devait leur barrer la route a tout pris, fussent-il au péril de sa vie... Il devait bien cela à cette merveilleuse planète bleue... Actarus se surprit à sourire... Bizarrement, autant par le passé, piloter Goldorak était une souffrance pour lui, et aujourd'hui, le fait de pouvoir aller où bon lui semble, sans contrainte, cela l'apaisait. Actarus sorti de sa stupeur lorsqu'il aperçut une immense prairie entièrement verte.
Actarus : Je reconnais cette prairie !
Inconsciemment, ses gestes et ses mouvement l'avait ramené dans la prairie ou Végalia lui avait donné rendez vous...Il posa Goldorak puis il sorti du cockpit pour se retrouver sur la plate forme de Goldorak. Il resta ainsi de très longues minutes à contempler cette vaste prairie verdoyante... Un tapis de fleur semblait danser au dessus de l'herbe d'un vert presque paradisiaque... Une légère brise caressait sa joue et le vent semblait jouer avec ses longs cheveux. Tout lui semblait tellement beau... Tellement irréel. Puis, son sourire s'estompa pour se transformer peu à peu en une amère grimace, il posa son casque dans le cockpit et il s'élança. Il sauta de Goldorak, pour atterrir sur le sol. L'herbe était si fraîche, il se rappela aussi que cet endroit paradisiaque avait été le témoin de la mort de Végalia, chère Végalia, elle avait rendu son dernier souffle dans ses bras. C'était également ici qu'elle lui avait révélé que sa chère planète, Euphor, revivait de nouveau.
Actarus : Pourquoi a-t-il fallu que tu me révèle cela Végalia? Pourquoi ? Tout aurait été tellement plus simple si je n'avais rien su ! Tu voulais revivre avec moi... Pourquoi a-t-il fallu que tu meures toi aussi ? Pourquoi ?
Des larmes se mirent à couler le long de ses joues...
Actarus : Pourquoi ai-je perdu tout ceux que j'aimais ? Mon père, ma mère... Aphélie, Végalia, Pollux... Pourquoi tant de mort et de destruction...
Puis, il s'assis dans l'herbe odorant puis il s'essuya les larmes du revers de sa main.
Actarus : Bon, il faut que je me ressaisisse. Je dois trouver une solution, il le faut ! Je ne puis continuer ainsi.
Il repensa à Vénusia ainsi qu'a l'après midi qu'ils avaient passé et vécus ensemble...
Tout avait été si vite et tellement fort ! Elle l'aimait si fort... Et cela depuis toujours. Avait-il le droit de l'abandonner maintenant... Surtout après ce qu'il s'était déroulé entre eux. Mais, d'un autre côté l'envie de repartir sur Euphor se faisait tellement pressante. Pourrait-il vivre sereinement aux cotés de Vénusia ?
Actarus : Es-ce que je pourrais la rendre pleinement heureuse si moi je ne le suit pas ? Non, je ne crois pas... Vénusia méritait le droit d'être heureuse et je sais pertinemment que ce n'est pas moi qui pourrais la faire sourire jour après jour... Un dur labeur m'attend sur Euphor et j'ai le devoir de la reconstruire, je suis son souverain et c'est à moi qu'en incombe la tache... Tout deviens clair ! C'est pour cela que le destin à replacer Végalia sur ma route ! C'était pour qu'elle m'apprenne qu'Euphor revivait et que donc elle devait être reconstruite ! Si je suis sorti vivant de cette guère, c'est sans aucun doute pour cela !
Puis caressant les fleurs, Actarus se mit à sourire !
Actarus : Voilà... Ma décision est prise, je me dois de l'annoncer à mon entourage, père, je sait que vous me comprendrez, Alcor aussi j'en suis sûr, Phénicia c'est une tout autre histoire, je n'ai pas le droit de la forcer à rester et je me doute bien qu'elle va vouloir me suivre... Et pourtant, je sais qu'elle serait tellement plus heureuse ici sur Terre, parmi les siens... Quand à toi ma tendre Vénusia, comment t'annoncer ma décision sans te blesser ? Comment t'expliquer tout cela sans te faire souffrir et sans perdre ton amitié qui m'est si précieuse ?
Actarus pris son élan et sauta dans son cockpit. Quelques instants après Goldorak décolla à la verticale puis dans un ronronnement, il disparu dans le ciel... Au bout de quelques minutes, Goldorak était en approche du centre et comme d'innombrable fois auparavant il regagna son socle de stockage sur la rampe de lancement, Actarus sauta de celui-ci et il se retourna vivement pour observer un recoin de la pièce qui se trouvait dans la pénombre.
Actarus : Qui est là ?
Une silhouette s'avança de la pénombre.
Vénusia : Actarus... C'est moi !
Actarus : C'est toi Vénusia, que fais tu ici seul dans le noir ?
Vénusia : Je t'ai vu partir avec Goldorak et j'étais inquiète !
Actarus : Non... Il n'y a pas d'inquiétude à avoir Vénusia, Goldorak me manquait c'est tout.
Vénusia eut un sourire crispé, puis détournant la tête, elle balbutia :
« Lui te manque au moins... Ce n'est pas le cas de tout le monde »
Actarus : Que dis tu ? Je n'ai rien entendu !
Vénusia : Oh... Rien d'important !
Actarus : Tu n'as pas répondu à ma question Vénusia, que faisait tu toute seule ici et en plus dans le noir ?
Puis s'approchant de Vénusia, il constata qu'elle avait pleuré.
Actarus : Mais tu as pleuré ?
Vénusia s'essuyas les joues en reniflant et dit :
« Ce n'est rien, c'est passé, c'est fini Actarus, ça va ! Il faut que je te parle ! »
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